Contrôleur de gestion, le métier aux mille facettes

 

 

PIERRE-LOUIS GUYOT, CONTRÔLEUR DE GESTION CHEZ THALES

Voilà 5 ans que Pierre-Louis Guyot exerce le métier de contrôleur de gestion chez Thales et pour rien au monde il n’échangerait sa place. Durant ses études à l’INES, il a pu tester et comparer à travers ses différents stages le monde du cabinet et celui de l’entreprise : c’est ainsi qu’il a pu constater que l’univers de l’entreprise lui convenait mieux.

Son bac ES en poche, Pierre-Louis ne veut pas faire comme tous ses camarades et se diriger vers une école de commerce. Son oncle est expert-comptable, il a déjà une vision du métier. Et depuis toujours, il aime les chiffres, qui lui parlent : il est « câblé » chiffres, comme il le dit lui-même. Alors, pourquoi pas expert-comptable ? Sa rencontre sur un salon étudiant avec le directeur de l’INES a été déterminante. Des années après, il se souvient encore de son commentaire sur le métier : « tant qu’il y aura des impôts, des taxes, des charges, des lois, des règlementations, il y aura des comptables ». Pour s’assurer un avenir serein, il deviendra expert-comptable.

Il enchaîne les diplômes à l’INES avec succès : D.C.G. puis D.S.C.G., dont la dernière année en alternance au sein du groupe Thales qu’il ne quittera plus. Rentré dans l’entreprise comme salarié sous contrat de professionnalisation en 2009, il est embauché en C.D.I. le 1er décembre 2010. Une alternance qui lui semble obligatoire pour bien cerner le métier, mieux comprendre la mise en pratique des théories apprises en cours et surtout mieux définir ce qui intéresse chacun des étudiants pour son avenir. C’est ainsi qu’il approche le métier de contrôleur de gestion et découvre son goût pour la comptabilité analytique. Mais l’alternance permet aussi de faire ses preuves ; quand on sait que les propositions d’offres restent généralement en interne, c’est souvent la seule façon d’être recruté dans un grand groupe comme Thales.

Ses motivations pour devenir contrôleur de gestion ? Les rencontres et les relations qu’il noue avec toutes les personnes de l’entreprise, de l’ouvrier au directeur financier, et les liens qu’il assure entre ces différentes entités et entre les différents services de l’entreprise. Mais aussi, être partie prenante de toutes les prises de décisions sur un projet motive au dépassement de soi, ce qui le pousse à choisir ce métier plutôt qu’un autre. Sa chance chez Thales : les produits ne sont pas que des concepts sur le papier, il peut aussi les « toucher » pour mieux les appréhender et prendre des décisions plus éclairées. Pierre-Louis gère ainsi les contrats de Thales, de la signature à la livraison finale, faisant le suivi de la facturation, des coûts, etc. Chaque jour est un nouveau challenge et ne se ressemble jamais.

Alors que l’expert-comptable s’intéresse essentiellement au bilan, le contrôleur de gestion agit en amont et participe à la création du compte de résultats de la société. « On ne valide pas le bilan, on fixe des objectifs et on s’assure de les obtenir en surveillant tout écart et en les corrigeant, en signalant les dérives et en proposant des solutions pour les pallier, en mesurant tout au long des projets les résultats obtenus », explique Pierre-Louis. Tandis que l’expert-comptable prodigue des conseils à ses clients, le contrôleur de gestion accompagne les gestionnaires de projets,  pour obtenir les objectifs souhaités.

Pour aborder ce métier, il lui aura fallu remettre à plat tout ce qu’il avait acquis durant ses études. À la différence de l’expert-comptable, qui conseille quand les résultats sont établis, il a du apprendre à réfléchir en amont pour modifier les résultats, afin d’obtenir un meilleur bilan et répondre aux objectifs définis. Il s’est également initié à de nouvelles procédures, à un nouveau langage propre à son métier.  Mais sa force se situe aussi dans sa formation d’expert comptable puisqu’il est en contact direct avec les commissaires aux comptes et parle le même langage, un atout qui profite à l’entreprise. Cette capacité à faire le grand écart, il la doit à son D.S.C.G. qui « offre une très bonne culture financière générale, ouvre l’esprit et permet de s’adapter à toutes les situations », constate-t-il.

Et quelle évolution de carrière peut espérer un contrôleur de gestion dans une très grande entreprise ? Sans hésitation, Pierre-Louis répond : Directeur Financier. Une ambition mais pas avant 15 ans d’expérience, précise-t-il. En attendant cette promotion, il va profiter de la chance de faire partie d’un groupe comme Thales pour peut-être partir à l’international. Et impossible que l’ennui le gagne ! « Si un jour j’ai fait le tour de mon métier, je pourrai soit me diriger vers une filiale de Thales, soit changer de poste et me diriger vers une carrière d’auditeur ou d’ingénieur financier », affirme-t-il.

S’il avait un conseil à donner aux étudiants ? « Le cursus est dense, difficile, il faut s’accrocher car la récompense est belle ». Mais une façon de passer au travers et rendre la formation plus ludique et encore plus passionnante est de mettre en parallèle de ses études leur application, au travers d’un cursus en alternance qui permet de s’assurer un poste avant même l‘obtention de son diplôme. Et si l’on souhaite devenir contrôleur de gestion, l’école de commerce n’est plus la voie royale, le D.S.C.G. constitue aujourd’hui le diplôme reconnu pour donner les meilleures bases de ce métier et être l’interlocuteur le plus compétent face à un commissaire aux comptes.